pour aller plus loin…

Intéressants textes et réflexions sur l’école et ses enjeux par différents auteurs
Réflexion sur le contraste entre les écoles d'hier et d'aujourd'hui par Emmanuel TRANCHANT, directeur du Cours Charlier à Nantes, France.

L’école des humanités classiques avait mis le texte au cœur de l’enseignement, « l’enseignement conçu comme volonté de faire honte au bavardage », dit Alain Finkielkraut. Il commente : « le logos arrête la logorrhée ; la parole magistrale tarit le flot du discours ». En refusant l’autorité du livre et du texte, en refusant celle du maître, l’école de la démocratie relativiste choisit le bruit contre l’intériorité, l’affirmation immédiate de soi contre la volonté de s’inscrire comme héritier des humanités passées.

Le maître doit être alors le représentant de la culture, médiation entre la cité terrestre et la cité céleste : il représente une instance supérieure à l’individu. Du jour où les textes ont cédé le pas au débat démocratique et à la nouveauté contre la permanence, cette médiation s’est évanouie. La culture arrachée au monde commun et déliée de toute transcendance est alors définitivement profanée. Et le maître, figure de l’universel, est détrôné par le pédagogue en charge de bricoler la coexistence entre les différences communautaires. C’est la victoire de la confusion et la défaite de la raison : la victoire de Babel sur le Livre.

L’enjeu majeur du système éducatif, c’est de rendre à l’humanité le commun langage de la raison détruit par la tolérance qui rend toute vérité relative. (…)

Les pédagogistes (sic) ont voulu mettre l’élève au centre et le professeur dans la centrifugeuse. C’est la culture, ce sont les humanités qu’il faut remettre au cœur de l’école de la République. C’est la culture, ce sont les humanités chrétiennes qu’il faut remettre au cœur de l’école catholique pour que soient comprises et transmises les « racines chrétiennes de l’Europe ». Du dialogue raisonnable entre ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas dépend notre capacité à vivre ensemble.

Mais pour l’école catholique, il ne s’agit pas seulement de la transmission de valeurs patrimoniales pour un quelconque devoir de mémoire, car sans la vie de l’âme, les racines ne sont rien. Il s’agit d’abord d’annoncer Jésus et de créer le climat qui permet l’épanouissement de la foi. Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile, nous dit Saint Paul. Les ouvriers sont encore peu nombreux : nous sommes ceux de la première heure et pour un même salaire et dans la même joie, nous travaillerons avec tous ceux qui nous rejoindrons à la vigne du Seigneur.

La méthode syllabique, une méthode qui a fait ses preuves. par Mme Roy, conseillère pédagogique de notre école

Tout comme l’enfant doit apprendre à se traîner, puis se tenir debout en équilibre et risquer quelques premiers pas, de même notre cerveau doit procéder par stades progressifs afin de décoder les symboles graphiques du langage humain.

Au cours des dernières générations, différentes méthodes de lecture, plus ou moins innovatrices, se sont disputé le premier rang auprès des pédagogues; mais une, en particulier, (primée sur le plan international) s’est démarquée pour son excellence et son efficacité : la méthode dite phonique/syllabique de Forest-Ouimet. Pourquoi? Parce qu’elle respecte tout à fait (à l’opposé de la méthode dite globale, par exemple) la psychologie de l’enfant.

Cette méthode d’apprentissage procède par étapes progressives, c’est-à-dire qu’elle part du domaine concret pour amener l’enfant à l’abstrait; elle débute par des éléments simples pour initier l’apprenant aux ensembles complexes; elle se sert des réalités connues pour introduire l’élève au monde de l’inconnu – le tout présenté au moyen d’historiettes, de jeux et d’exercices d’application adaptés.

Cette approche introduit d’abord les sons des voyelles et procède ensuite à la ‘construction’ des syllabes, en introduisant une à une (au rythme d’une par semaine) les consonnes qui, jumelées aux voyelles déjà apprises, formeront les premières syllabes simples (formées d’une voyelle et d’une consonne). À partir de ces syllabes, la méthode passe rapidement aux mots simples et à la phrase complète. Viennent ensuite les sons complexes (comportant des sons formés de deux lettres, ‘ou’, ‘an’, ‘gn’) Voilà le processus de base. Fondé sur cette méthode, l’apprentissage de la lecture occupe les deux premières années du cours primaire.

C’est à la lumière de ces solides notions pédagogiques que notre école a choisi de mettre cette méthode en application dans les trois premiers niveaux de cours primaire.

Le combat de l'éducation par frère Dominique-Marie de Saint Laumer, prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier à Chémeré-le-Roi, France

De Benoit à François, d’un pape à l’autre, l’Eglise mène depuis 2000 ans le combat de l’éducation. « Mère et Maîtresse », elle ne cesse de nous enseigner et de nous guider sur les chemins ardus qui conduisent vers le vrai bonheur : celui d’ici-bas – autant qu’il peut être atteint -, et surtout la joie éternelle.

L’éducation a toujours été nécessaire pour faire du petit d’homme, cire encore malléable, un homme accompli. Une bonne culture doit s’ajouter à la nature sous peine de voir les hommes se transformer en bêtes. Ii s’agit d’aider les potentialités du nouveau-né à s’épanouir (educere : tirer hors de) en qualités qui feront de lui un homme digne de ce nom, capable de prendre ses responsabilités dans la société, pour son bien et le bien de tous. Eduquer suppose une anthropologie, une vision de ce qu’est l’homme, de sa nature et de sa finalité, des blessures que lui inflige le péché. Aujourd’hui, dans le monde occidental, à l’éducation fondée sur une vision de l’homme chrétienne (au moins d’inspiration), des groupes de pression internationaux, qui ont confisqué les pouvoirs politiques, économiques, médiatiques, tentent de substituer une contre-éducation fondée sur une idéologie relativiste, laïciste et hédoniste. Les idées de liberté et d’égalité, devenues folles, nient toute différenciation naturelle. Cette idéologie se traduit par une contre-morale que les pouvoirs politiques veulent imposer à la société : théorie du genre, déconstruction de la famille, du mariage, de la morale naturelle… « Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles » , a écrit le ministre de l’éducation nationale [en France, Ndlr], Vincent Peillon.

Face à cela, les familles chrétiennes doivent se battre pour garder leur liberté et leur identité, contre un totalitarisme de plus en plus affiché. Ii y a un combat à mener au niveau politique et social. Il y a aussi, tout simplement et fondamentalement, un combat pour préserver une saine éducation familiale. La famille est la cellule de base de la société, le lieu d’apprentissage des vertus, de la formation humaine et chrétienne. Dans le sanctuaire familial, petite Eglise domestique, l’enfant reçoit les leçons de vie de ses parents, encore plus par l’exemple que par la parole et les actes. Il acquiert le sens des valeurs, il est formé aux vertus naturelles et apprend à faire attention aux autres, en luttant contre l’égoïsme ancré en chaque être humain depuis le péché originel. Il s’agit de développer en lui les dispositions qui le rendront libre, responsable, maitre de soi : notamment le sens du sacrifice et le goût de la vérité. Les parents doivent veiller, au fur et à mesure qu’il grandit, à le former, par le contrôle de ses passions et, en particulier aujourd’hui, par le bon usage des moyens de communication, à la vraie liberté qui est une rude conquête.

Une éducation naturelle serait vaine si la grâce ne venait guérir et élever la nature. Une famille chrétienne doit vivre sous le regard de Dieu, prier chaque jour ensemble, recevoir les sacrements après s’y être sérieusement préparée, conserver ou retrouver les belles traditions des fêtes chrétiennes. Pourquoi aussi ne pas instituer un temps de lecture de la Parole de Dieu en commun ? La formation chrétienne, par l’apprentissage du catéchisme, est essentielle. Et aussi le développement d’une culture chrétienne par de bons films vus en famille, par les vies de saints, les témoignages, les visites des hauts lieux chrétiens, les temps forts (pèlerinages, séjours en abbayes, retraites … ), et par les discussions autour de la table. Ii est vital de préserver des temps de silence, de coupure d’avec le monde extérieur, qui devient de plus en plus envahissant. Il faut veiller à juger les choses selon les critères de la foi chrétienne et non selon ceux du monde. La charité vis-à-vis du prochain doit être concrètement vécue : le sens du service généreux, le pardon demandé et accordé, la correction fraternelle, créent l’ambiance unique des familles vraiment chrétiennes. Elle aide puissamment au progrès de chacun. Les vertus morales, fondamentalement naturelles mais rendues surnaturelles par la grâce, sont parfois trop négligées.

Cette tâche éducative des parents, aidés des formateurs associés (notamment des écoles vraiment libres [indépendantes, Ndlr]), est certes difficile aujourd’hui, mais elle est possible et exaltante. L’enjeu de ce combat éducatif est la liberté des enfants de Dieu pour leur salut. C’est aussi l’ébauche d’une chrétienté nouvelle, où les hommes pourront vivre plus fraternellement et répondre plus facilement à l’appel de Dieu qui les invite au bonheur éternel.

Ordinateurs à l’école et résultats scolaires par Cyril Duchamp, tiré du site Le blog de la liberté scolaire

« Dans les pays où il est plus courant pour les élèves d’utiliser internet à l’école dans le cadre du travail scolaire, leur performance en compréhension de l’écrit a reculé entre 2000 et 2012, en moyenne », constate l’OCDE dans un rapport publié le 15 septembre 2015 analysant le rapport des élèves au numérique à partir des données 2012 de Pisa. L’organisation souligne que depuis 10 ans « les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les Tice n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences ». Cependant, l’OCDE estime que des résultats positifs sont possibles, mais que cela demande du temps pour que les enseignants s’approprient les outils. Selon l’auteur du rapport, Francesco Avvisati, « ce n’est pas la quantité d’utilisation qui compte mais la qualité » éducative des usages.

« Les meilleures performances sont atteintes par les élèves qui utilisent peu les technologies à l’école », constate Francesco Avvisati, analyste de la direction de l’éducation de l’OCDE, à l’occasion de la sortie le 15 septembre du rapport « connectés pour apprendre ? Les élèves et les nouvelles technologies ». Réalisé à partir des dernières données Pisa, datant de 2012, ce document a été conçu selon « deux angles » de réflexion, souligne son auteur : les élèves savent-ils se repérer dans un environnement numérique ? Quelles sont les conséquences des politiques d’équipement en matériel numérique ?

Sur ce deuxième aspect, l’étude de l’OCDE fait apparaître qu’ »en moyenne, au cours des dix dernières années, les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences ». Lorsque les ordinateurs sont utilisés très fréquemment dans les classes, les élèves « obtiennent de bien moins bons résultats en compréhension de l’écrit, même après contrôle de leur milieu d’origine » que des élèves qui ont une utilisation « modérée ».

Les compétences de bases plus déterminantes que l’accès aux outils

Un facteur de motivation des élèves ?

L’utilisation d’outils numériques permet-elle vraiment de susciter l’intérêt des élèves et d’améliorer l’ambiance qui règne dans les classes ? Pour Éric Charbonnier, aucun effet significatif n’apparaît de manière évidente à travers les résultats de l’étude Pisa pris dans leur ensemble. Mais dans le détail, « les résultats sont très différents » note l’analyste de l’OCDE.

Il remarque ainsi de « vrais avantages » pour les pays du Nord et pour l’Australie, alors que pour les pays d’Europe de l’Est l’introduction du numérique se traduit surtout par une « dégradation du climat » scolaire.

Alors que le numérique est devenu de plus en plus omniprésents dans la vie quotidienne, son introduction dans les établissements scolaires n’est pas remise en cause par l’OCDE. Le rapport montre surtout qu’ »il reste encore à réaliser et exploiter pleinement les réelles contributions que les TIC sont susceptibles d’apporter à l’enseignement et l’apprentissage ». Avec 96 % des élèves de 15 ans de l’OCDE qui déclarait disposer d’un ordinateur à la maison, « les compétences fondamentales requises dans les environnements numériques peuvent et doivent être enseignées ».

Les inégalités d’accès au numérique selon le milieu social des élèves « se sont atténuées entre 2009 et 2012″ et celles sur la « capacité à utiliser les outils TIC à des fins d’apprentissage s’expliquent largement, si ce n’est totalement, par les différences observées dans les compétences académiques plus traditionnelles ». Selon l’OCDE, « garantir l’acquisition par chaque enfant d’un niveau de compétences de base en compréhension de l’écrit et en mathématiques est ainsi bien plus susceptible d’améliorer l’égalité des chances dans notre monde numérique que l’élargissement ou la subvention de l’accès aux appareils et services de haute technologie ».

Prendre en compte les « avantages perdus » liés aux choix budgétaires

L’intérêt des outils numériques se révèle en fonction des objectifs éducatifs fixés. Selon Francesco Avvisati, « il faut partir des usages avant d’avoir une réflexion sur les équipements », qui de toute façon « changent très vite ». Pour lui, « l’introduction des technologies doit être maîtrisée » et se faire « en cohérence avec les autres pratiques » éducatives déjà en place. « Ce n’est pas la quantité d’utilisation qui compte mais la qualité ». En définitive ce sont d’ailleurs les pays qui ont une longue expérience du numérique à l’école et qui ont mis l’accent sur la formation des enseignants qui en tirent le mieux parti. Ainsi, les pays du Nord de l’Europe ou encore l’Australie ont largement diffusé les Tice mais affichent également de bons résultats.

Pour Éric Charbonnier, analyse à l’OCDE, « l’effet positif se voit quand les outils ont été introduits depuis plusieurs années et qu’ils sont maîtrisés par les enseignants ». En France, « les enseignants ne sont pas prêts, il va falloir vraiment investir dans leur formation » qui apparaît comme « la véritable difficulté du système français ». Pour Éric Charbonnier, avec le plan numérique annoncé par François Hollande, « il n’est pas très clair la façon dont le numérique va être inscrit dans les apprentissages et c’est la clé ». Il ajoute que le plan numérique est « une occasion unique de reformer les enseignants au numérique mais aussi à des pratiques pédagogiques différenciées ».

Si le numérique n’entraîne pas de manière évidente une amélioration des résultats scolaires des élèves, sa diffusion dans les établissements a un coût. Les investissements consacrés sur le matériel, les infrastructures, les logiciels et ressources augmentent et demandent à faire des choix au détriment d’autres politiques. Ainsi, note l’OCDE, l’argent dépensé à l’équipement des écoles « aurait pu être utilisé pour embaucher des enseignants, augmenter leurs salaires ou investir dans leur développement professionnel, ou à l’acquisition de ressources éducatives comme les livres manuscrits ». Il convient donc également de tenir compte des « avantages perdus » d’une utilisation alternative des budgets.

Cyril Duchamp

Source : Le blog de la liberté scolaire

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